Tchad : Un nouveau mouvement citoyen déchaîne la chronique

– Deuhb Emmanuel Zyzou, 17 janvier 2017.

Mouvement pour l’Eveil Citoyen en abrégé MECI, une plate-forme regroupant personnalités politiques, acteurs de la société civile et journalistes déchaîne la chronique depuis quelques semaines au Tchad.

Crée à la surprise de la majorité des tchadiens le 29 décembre 2016, le Mouvement pour l’Eveil Citoyen (MECI) est visiblement l’un des plus grands regroupements des personnes morales et physiques ayant un seul objectif : s’unir pour faire face aux dérives du régime d’Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990 au Tchad.

Des forces vives du paysage politique tchadien, des personnalités qui, quelques fois se contredisent se sont finalement unis, main dans la main pour signer le manifeste de la création de la plate-forme MECI. On peut voir entre autre les noms du farouche opposant de Deby, Ngarledji Yorongar, du Chef de fil de l’opposition Saleh Kebzabo, du journaliste François Djekonbé, de Dobian Assingar, par ailleurs coordonnateur du MECI, des avocats et bien d’autres personnalités et représentants des mouvements citoyens.

L’élection du 10 avril 2016 largement contestée par l’opposition et la crise sociale que le Tchad peine à s’en sortir poussent les ténors de la scène politique à réfléchir sur la destinée du Tchad. Dans le manifeste qui tenait lieu, les fondateurs du MECI ont clairement exprimé leur mécontentement sur la situation difficile du Tchad. Pour eux, les tchadiens sont abandonnés par un régime qui ne se soucie pas d’eux. Pour Mahamat Nour Ibedou, président de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) : « La crise sociale est programmée minutieusement par le gouvernement pour asservir le peuple tchadien. Le tchadien qui, doté d’une capacité d’adaptation résiste à cette crise, comme si cela ne suffisait pas, on crée de toutes pièces les 16 mesures afin d’amoindrir la capacité du pouvoir d’achat du citoyen. »

Le régime de Déby riposte…

Le 4 janvier 2017, dans un communiqué signé par Zène Bada Abbas, Secrétaire général du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir, dénonce selon lui « des intentions inavouées de ce groupuscules aux objectifs totalement différents se réunissent en violation flagrante des textes de la République », accusant les fondateurs du MECI de chercher à déstabiliser le régime actuel, d’être en connexion avec une rébellion armée. Le régime de Déby a interdit formellement toutes activités du MECI.

Dobian Assingar, Coordonnateur du MECI lors d’une conférence de presse dans son domicile ce samedi 14 janvier 2017 monte au créneau : « Les accusations du régime de Déby sont infondées. Elles ont pour seul but de casser le Mouvement citoyen MECI, traduisent la réaction épidermique d’un régime aux abois, si l’on en juge à la persistance du mépris de nos dirigeants pour le peuple, leur arrogance envers nous, leur seul sport favori qui demeure la répression aveugle des citoyens pour un oui ou pour un non et surtout, leur incapacité à juguler la crise financière et sociale ».Dobian Assingar de poursuivre que : « Le MECI est un mouvement citoyen soutenu par des personnes libres, des personnes tant physiques que morale jouissant de la plénitude de leurs droits civils et politiques. Ce n’est ni une association, ni un parti politique, ni une secte, ni une quelconque société sécrète ou mystique ».

Il est très tôt de dire que les tchadiens ont trouvé leur voie de lutte. Il est évidement très tôt de dire que le Tchad a son « Y’en a marre » et ou son « Balai Citoyen », mais il faut juste croire qu’à l’allure de ce bras de fer entre le MECI et le régime de MPS, on aura du chemin à faire au Tchad.

Photo: Sjoerd Sijsma