Déby, seul maître à bord du navire Tchad!

– Deuhb Emmanuel Zyzou, 9 mai 2018

Quatre jours après la validation du projet de la modification de la constitution par l’Assemblée nationale, le président Déby a procédé ce vendredi 04 mai 2018 à la promulgation de la 4e République du Tchad. Un nouvel air (encore) souffle sur le Tchad.  

C’est sans surprise que la 4e République du Tchad est officialisée. A sa descende de voiture, traversant la haie d’honneur qui conduit au bâtiment, c’est un Idriss Déby Itno, décontracté, plutôt sûr de lui que l’on voit en cette matinée du 4 mai au Palais du 15 Janvier. Dans la salle, une foule immense debout, l’accueil avec des applaudissements. Il était 10h et demi.

C’est entouré des « grands » noms du projet de la nouvelle constitution que Idriss Déby Itno signe l’adoption de sa 4e République. Sa 4e République, puisque tout lui ait assigné. Seul maître à bord du navire Tchad. Il signe la nouvelle constitution, pluie d’applaudissement de la foule venue pour l’occasion. Derrière le pupitre, face aux élus du peuple, anciens ministres,  responsables des grandes institutions accréditées au Tchad, des journalistes et bien évidement des ténors du parti au pouvoir, Idriss Déby tient son premier discours de l’air nouveau : « Ce Tchad nouveau, résolument tourné vers le futur et la modernité, ouvre une page toute blanche de sa vie et de son histoire. Cette page nouvelle portera des mentions sublimes qui expriment des grandes ambitions des tchadiens pour leur pays. » commence-t-il.

Rien de nouveau

Le président Déby, de qui le peuple tchadien attend un discours nouveau, puisque nous sommes dans un nouvel air revient sur les mêmes maux, les mêmes problèmes qui n’ont jamais eues de solutions depuis bientôt 28 ans de règne. Comme à l’accoutumer, le véritable problème du Tchad qu’est la corruption et le détournement revient sur la table : «  La 4e république est bâtie sur des valeurs  fortes qui imposent des attitudes, des pratiques et des comportements nouveaux et vertueux. C’est pourquoi la lutte contre le détournement des deniers publics et prévarication est un engagement qui doit être tenu contre vent et marées », dit-il. Un peu plus loin, il lance une autre boutade : « Je reconnais volontiers que de nombreuses personnes ont bâti des fortunes importantes sur la base du détournement et de la corruption ». C’est du déjà entendu, puisqu’en 2017 lors de la journée de prière, Idriss Déby avait promis aux tchadiens d’assainir le milieu de détournement en lançant une phrase historique à l’endroit de personnes qui enfoncent l’économie tchadienne : « Vous avez assez volés ! ». Une phrase qui n’a pas porté ses fruits jusque-là.

Le peuple a la mémoire courte, certes, mais il y’a des actes qui marqueront à jamais les tchadiens, tel que la situation des travailleurs du Tchad depuis la dernière prestation de serment du mandat de Déby en 2016 : grève à répétition dans les secteurs publics et privés, la loi de finance qui a conduit à la prise des mesures d’austérité impopulaire, ensuite la coupe des indemnités et salaires des fonctionnaires, puis l’augmentation des prix de carburants… comme si cela ne suffisait pas, d’une manière fallacieuse, Deby lance : « Tout travailleur doit, dorénavant vivre de son salaire. » Une phrase qui vient s’ajouter à la douleur des travailleurs tchadiens, qui, dans leur majorité peignent à manger trois repas par jour, se loger et ou se nourrir depuis qu’il est au pouvoir. Les mêmes questions de gouvernance, de la jeunesse, de la femme, de l’éducation, du bilinguisme, etc. on fait le tour du projet de la 4e république.

L’un d’un point fort de ce discours, Déby lance un appel à tous les tchadiens, non content de sa gestion du Tchad ayant pris des armes de rentrer au Pays. Une amnistie générale leur est accordé. En seulement 1h du temps, la cérémonie prit fin. Déby se fond dans la foule en transe avant de s’en aller.

Fortement contestée par l’opposition politique et la société civile avant son adoption par l’assemblée nationale, cette nouvelle constitution qui brise la case de referendum vient scellée définitivement le sort des tchadiens. Il faut un miracle pour que le recours en annulation introduit par les députés de l’opposition auprès de la cours constitutionnelle aboutisse.

 

 

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