Souleymane Abdoulaye Adoum – Field Report 3: Experiences in Leiden, NL, 2013

J’ai commencé la recherche pour la rédaction de ma thèse le 20 janvier 2013 par un séjour de 5 mois à l’Université de Leiden en Hollande. Durant mon séjour à Leiden, j’ai appris les connaissances théoriques et méthodologiques de la recherche.

Etant donné que notre recherche porte sur les communications et les violences au Tchad et en République centrafricaine, j’ai lu d’abord Latour, Callon ,Michel Serres, Lasswell et De Bruijn qui ont écrit respectivement sur les théories de l’acteur-réseau, de la communication et de l’écologie de la communication. Dans notre analyse, la théorie de l’acteur réseau intervient dans la mesure où les rébellions sont constituées de plusieurs éléments(humains et non humains) et qui se mettent en relation pour parvenir à une opération. Nous utilisons la théorie de communication dans notre travail, elle nous permet d’appréhender la nature de communication des mouvements rebelles. A cet effet, la communication du groupe et la communication de masse nous permettent d’analyser nos données sur la communication des rébellions. Les rebelles s’échangent les informations entre eux et ont besoin aussi d’une audience parmi la masse paysanne. Pour analyser tous les aspects de notre étude, nous empruntons la théorie de l’écologie de la communication. Celle-ci permet d’appréhender tous les éléments qui entrent en interaction pour rendre la communication possible. Lors des interviews que j’ai réalisées sur le terrain, j’ai pu identifier les moyens de communication au sein des rébellions. En effet, l’écologie de la communication rebelle renferme un certain nombre d’éléments à la fois environnementaux, techniques et humains. La forêt, la route, les animaux de monture, les voitures, les activités commerciales et l’Homme lui-même constituent au tant des moyens qu’utilisent les rebelles pour se communiquer.

En ce qui concerne la méthodologie, j’ai découvert que l’histoire a plusieurs méthodes pour aborder les analyses des faits sociaux. A cet effet, j’ai lu le positivisme et la méthode de la nouvelle histoire de Marc Bloch et Lucien Febvre.

Mon séjour à Leiden m’a donné aussi l’opportunité de lire Marielle de Boos, Marie-Soleil et bien d’autres auteurs africains et européens ayant écrit sur les violences au Tchad et en République centrafricaine. A cet sujet, la descente que j’ai faite au terrain m’a permis de mettre en évidence, à travers les interviews que j’ai réalisées, l’origine et la nature des violences qui sévissent au Tchad en général et au Sud en particulier. Ces violences ont une origine qui remonte à la colonisation et elles sont de nature à la fois tribale, ethnique et régionale.
Dans le sud du Tchad où j’ai effectué trois mois de recherche, j’ai rencontré les victimes et les témoins de ces violences. Leurs propos sur l’évolution politique du Tchad de la colonisation à nos jours dénotent à suffisance que le terrain est pourvu de tous les éléments historiques relatifs à notre problématique. Mais, j’ ai déploré l’inexistence des documents d’archives. Dans toutes les institutions administratives de la région, les documents d’archives ont été détruits ou emportés. Durant tout le long de mon séjour, je n’ai consulté aucune archive. Même les archives privées n’existent pas. Les personnes interviewées, m’ont fait savoir que de peur de représailles, elles étaient obligées d’enfouir les documents qu’elles avaient et qui se détruisent par la suite.
L’absence des documents d’archive est l’un des problèmes que j’ai rencontré sur le terrain. Cela ne m’a pas permis de confronter les informations que j’ai recueillies lors de mes interviews pour approfondir les enquêtes.

Autres difficultés auxquelles je me suis confronté c’est l’absence d’un document administratif attestant que je suis un étudiant chercheur. Ce manque de document m’a valu beaucoup de peines. Pour mener mes activités de recherche, j’ai souvent utilisé les relations, par exemples les amis, les connaissances ou les parents, sinon je suis bloqué. Car la police sécrète peut m’interpeller à tout moment.

Pour le moment, j’voudrai faire une fouille dans les archives afin de pouvoir non seulement de confronter les informations que j’ai eues, mais aussi pour une orientation plus approfondie de mon sujet.


Dr. Souleymane Abdoulaye Adoum succesfully defended his dissertation ‘Communication et violences dans le Guéra et le Moyen-Chari de 1940 à 2010’ in July 2017. Click here to read more about his project.