8 mars : Il ne suffit pas de leur acheter des pagnes

– Max-Landry Kassaï, 8 mars 2018

Le 8 mars, une journée qui se penche sur la situation de la femme dans toutes nos sociétés. Elle donne la possibilité à la femme de s’exprimer, de défendre ses droits inhérents. De ce fait, si l’on regarde la situation de la femme centrafricaine en ce XXIe siècle, siècle de la modernité, de l’épanouissement humain, on comprendra que la situation de beaucoup de femmes de notre pays n’est pas meilleure que celle de nos parents vivant plus de deux siècles de là. Rien n’a changé et sa situation s’empire au jour  le jour.

La centrafricaine est la moins éduquée, la moins formée, la moins entretenue du monde. Cependant, elle est la plus vulnérable, face à la barbarie de certaines vermines humaines, qui n’ont rien à foutre de la vie sacrée, de l’autorité de l’Etat…

Nos femmes, nos mamans et nos filles subissent quotidiennement des exactions de la part des groupes armés, de certaines forces de l’ordre.  Oh, que dire de celles qui vivent actuellement dans les brousses, qui se nourrissent des feuilles sauvages et qui mettent au monde dans des conditions inhumaines, dégradantes?

Que dire de celles qui remplissent depuis plus de quatre ans les sites de déplacés, exposées aux incursions armées, aux violences sexuelles, à des épidémies, où il n’y a rien à se mettre sous la gorge ?

Que dire de celles qui se sont réfugiées dans les pays limitrophes, espérant retrouver une vie normale, pour oublier  les horreurs du passé mais qui ne trouvent mieux qu’une vie chez soi ?

Que dire de nos femmes, de nos enfants qui ne sont scolarisées, qui ne connaissent pas  la tendresse de la vie… C’est un cri du coeur, une aubaine qui plonge dans la désolation. Legouvernement et ses partenaires doivent chercher à remédier à la crise où les femmes sont les grandes victimes…

Moins sont celles là encore qui se confirment dans la gestion de notre cité. Et, la parité tant vantée ne peut outrepasser les petites exigences de la paix, de la sécurité sociale. Il n’y a pas de parité sans la paix à vrai dire, car c’est celle-ci qui conditionne et favorise l’autonomisation, qui garantit l’égalité et l’insertion de la femme dans la société.

Ainsi, on est très loin de penser la parité en RCA, quand nos filles doivent  aller au champ ou s’occuper du foyer, pendant que nos garçons occupent les bancs de l’école. Tout part de là, ces inégalités dont souffrent notre société, alors que les femmes constituent à peu près le double de notre population. C’est un grand facteur du sous- développement et l’éclatement social. Car, une femme éduquée, formée, transmet inévitablement les connaissances de base à ses enfants, les valeurs humaines comme la tolérance, l’amour, le pardon, le respect de l’autre…

Elle fortifie alors son foyer, bâtit sa nation. Donc, ça ne sert à rien de nous focaliser sur de choses banales comme l’achat de pagnes 8mars. On doit plutôt chercher à améliorer la condition de la femme au moyen d’actes Concrèts notamment, l’éducation et la formation de la femme, la défense de ses droits, sa responsabilisation…

Par ailleurs, nous devons dire à la femme centrafricaine que la liberté ça s’arrache. Elle doit se battre, travailler dur, s’éduquer et se former, et la parité s’exprimera aisément.

Bonne fête à toutes les femmes du monde et en particulier à toutes les centrafricaines.



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