Le vandalisme: Une seconde nature centrafricaine

– Max-Landry Kassaï, 11 decembre 2017 (précédemment publié le 11 septembre 2017)

Le vandalisme centrafricain est la manifestation de beaucoup d’esprits parmi lesquels on note la haine, la misère, la jalousie, l’incapacité, la méchanceté, la cupidité, le règlement de compte, la justice populaire, le tribalisme… Le vandalisme est devenu, me semble-t-il, une nature chez le centrafricain. Or, « là où il y a plus de force, il n’y a pas d’intelligence ». L’intelligence est en soi, une force transcendante, une vertu qui distingue l’Homme de l’animal.

La nature destructrice du peuple centrafricain est la conséquence immédiate de troubles militaropolitiques successifs, déroulés dans le pays. Ces actes sauvages se justifieraient par la haine, la vengeance, la colère, l’exaspération du peuple face aux régimes despotiques déchus. Alors qu’aucun mal ne peut établir la justice, et la justice populaire n’élèverait l’homme.

Tous nos dirigeants n’ont presque plus de biens dans le pays, à commencer par Bokassa, Kolingba, Patassé, Bozizé. Même la présidente de transition, Sambapanza, a eu une partie de ses biens détruits lors d’une émeute, quand elle était à New York au conseil de l’ONU.

Les gens vont peut-être me dire : « un bien mal acquis ne profite jamais ». Seulement, cette procédure, la destruction des biens d’autrui, n’est guère la bonne démarche à entreprendre. Si ces individus ont acquis leurs biens sur le dos et avec l’argent du contribuable centrafricain, il n’y a que la justice qui peut s’en saisir, dans un procès équitable, où les droits de la défense sont garantis. Cela aboutirait à une expropriation de la part de l’Etat. A défaut, ces biens peuvent être vendus et l’argent versés dans la caisse de l’Etat. Ça aurait aidé au maintien de l’équilibre économique ; car ces biens détruits équivalent souvent à de dizaines de milliards de francs CFA.

Lors de la récente crise, des églises, mosquées, écoles, hôpitaux ont été détruits par les toutes les communautés. Des actes qui attestent que nous ne sommes pas moins que des barbares, ignares, méprisant les valeurs sacrées, richesses insondables, source de la sociabilité d’hommes et de femmes venus d’horizons différents les uns des autres.

Les lieux de culte, les hôpitaux, les écoles sont inviolables, neutres, impartiaux. Ils sont de grands facteurs de l’unité, de la cohésion sociale, de la paix. Et si nous n’avons pas compris ainsi, nous devons désormais nous en méfier, afin de favoriser l’unité.

Aussi, nous devons enseigner à la jeune génération de ne pas copier les mauvais exemples, ceux ancrés en nos parents et qui nous le transmettent indirectement. Comment peut-on dire à son enfant : va casser cette maison, cette mosquée, cette église. Cela prouve notre bassesse, le manque de lumière dans nos jugements. Arrêtons d’enterrer notre nation.

 



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