Esatis Le Bon – Arnold Ngbagalet, “Kangbi na contrainte”

We are happy to present the text of “Kangbi na contrainte“, a reflection by slam artist Arnold Ngbagalet a.k.a. Esatis le Bon on the theme of ‘duress’. Arnold is a refugee from CAR living in Congo-Kinshasa. See also the live blog post on the slam concert and the picture gallery of N’djam s’enflamme en slam.

Kangbi na contrainte

Esatis Le Bon – Arnold Ngbagalet

(avec quelques mots en Sango, la langue nationale de la Centrafrique)

J’avais bien prévu qu’elle s’en aille, mais étais-je prêt pour ce départ ???

D’ailleurs était-ce elle sa plus jeunesse ou bien ma tendresse que j’aimais en elle ???

Je ne sais plus rien, je ne veux plus rien savoir et ne sais plus rien.

Je l’aimais, ces lèvres me semblent moroses pour cacher mes lèvres.

Des larmes aux yeux, des pleurs dans mon coeur !

Ah c’est la douleur qui monte dans mon coeur !

Encore des larmes, des cris sans paroles, des lèvres molles qui bravent des larmes.

Voilà fini mon plus Belle amour, mon coeur est trop lourd, tout est bien fini !

Déjà la tristesse perverse me berce! Il pleut ! L’averse berce ma tristesse !

Je n’essaierai plus d’aimer désormais celle que j’aimais.

Elle m’a bercé dans l’illusion, contrarié, je dors sans avoir le sommeil.

J’ai compris que ce n’était pas de l’amour qu’elle voulait me donner. Mais c’était de la mort anticipée.

Ah… Hélas, j’ai participé activement à son plan satanique contre ma personne.

Je me suis abandonné sous ses charmes utopiques.

Vivre sous la contrainte ! Se courber sous la contrainte ! Accepter la contrainte !

Elle m’a caressé sur un lit d’amour, je me suis retrouvé déshabiller tout nu sur le désert Sahara. C’est incroyable mais vrai !

J’ai perdu toute la vertu dont j’avais, elle m’a pris mon virginité et mon innocence.

J’ai payé le prix de ma naïveté. Mais le pire à craindre reste la célébration de la bestialité à la place de la nativité.

Voilà fini mon plus belle amour ! tout est bien fini !

Mon coeur est trop lourd ! Je n’essaierai plus d’aimer désormais celle que j’aimais.

Mais, si je me permet de m’agenouiller, ne prenez pas comme un signe de faiblesse ni de soumission à la contrainte.

Même s’ils ont un sous- mission remplit d’illusion sous leur casque bleu, ma mission est celle de résister non violemment même quand ils violent nos amants et volent nos diamants.

Mes genoux à terre font taire ma terreur qui est une erreur donnant des ailes pernicieuses à la contrainte.

Mes genoux à terre enterrent les intérêts égoïstes qui créent des guerres en série même jusqu’en Syrie, il n’y a pas de seriri (paix).

Je suis capable d’utiliser les mêmes armes que les bandits, soyons palpable les armes à destruction massive ne peuvent être utilisées que par les lâches.

Alors, je lâche ma parole l’alarme des larmes qui coulent en silence.

S’ils lançaient des défis sans les armes, les larmes de joies allaient couler à la place des larmes de douleurs qu’ils font couler en abondance.

Maintenant, ma tête déchaîne mes bras, mon cerveau sert de volant voulant aller de l’avant sans poursuivre le vent.

Ainsi, même avec le ventre creux, j’avance sans me vanter de notre divorce ! Contrainte !

Mon dos est déjà voûté donc ,ça ne vaut plus la pleine de t’aimer.

Voilà fini mon plus belle amour !

Mbi ké kangbi na mo (je me divorce avec toi) contrainte !

Fin.