Crise sociale au Tchad : La menace est bien réelle  

La répression policière…

Le matin de 23 avril 2015, les étudiants de la faculté des Sciences de la Santé de l’université de N’Djamena sont descendus dans la rue pour une marche pacifique, revendiquant la bourse, une indemnité qu’ils n’ont pas perçue depuis 6 mois.

Le régime en place n’écoute jamais le cri de son peuple, cet ainsi que la marche, pourtant pacifique et donc non violente a tourné en répression par la police. Encore cette police, qui, il y a juste un mois a montré sa barbarie aux yeux du monde entier par le biais d’une vidéo d’une séance de torture des élèves et étudiants, suite d’une manifestation… Il y’avait eu quelques arrestations des étudiants, des blessés, puis la libération. Pour protéger son pouvoir, le régime en place fait tout et utilise tous les moyens pour faire taire la population. Le Tchad, qui aujourd’hui est devenu le « gardien » du Sahel aux yeux de la communauté international en s’engageant dans la lutte contre le terrorisme partout où le besoin se fait sentir est pour nous, certains tchadiens un pays incapable de protéger sa population. Il y a toujours des braquages dans nos rues la nuit (vol des motos, voitures…). Dans certains quartiers de N’Djamena, « la vitrine de l’Afrique », à 22h, il n’y a aucune activité à cause de l’insécurité grandissante qui sévit…

Crise sociale généralisée…

Après la manifestation des élèves le 9 mars sur le port obligatoire de casques, les écoles et universités ont été fermées pendant trois longues semaines. Ensuite la grève des enseignants portant sur le retard de salaires, empêchant ainsi le déroulement normal de l’enseignement au Tchad, puis le manque général de salaires des fonctionnaires du secteur public. Et dans tout ceci il y’a la pénurie de carburant qui se fait ressentir… Que dire ? La question reste posée !

Un pays pétrolier…

12 ans après l’exploitation, le pétrole tchadien qui avait suscité beaucoup d’espoirs pour le développement socio-économique  est devenu un leurre pour la population. Les ressources de l’Etat ont connu un avancement incroyable : Immeubles, villas, routes, écoles, hôpitaux, Viaduc, etc. poussent comme des champignons à travers N’Djamena, et d’autres villes et villages du pays, à l’image du village Hamdjarass (fief du président de la République). Certaines artères sont enfin électrifiées 24h/24, après 50 ans d’indépendance.  Des poses de « Première pierre » pour des nouveaux chantiers continuent (le dernier date de 5 jours est la construction en vue d’un pont à quatre voies) sur le fleuve Chari à N’Djamena.

Partout dans la capitale tchadienne on entend : « N’Djamena, vitrine de l’Afrique ! ». La télévision nationale, sa télévision nationale  (moins suivie par la population tchadienne) tourne en boucle les « Réalisations de Son Excellence, chef de l’Etat… ». La Radio Nationale, Sa radio nationale, tourne en boucle les communiqués de « Remerciements de Son Excellence, Chef de l’Etat… » pour avoir nommé telle personne à tel poste. Pour avoir construit un puits dans tel village, etc.

Blanchissement d’argent à outrance…

Pourtant la dégradation conditions de vie et de travail de la masse des citoyens s’accélère. Les salaires sont irréguliers et les services sociaux sont en déshérence. Les grandes réalisations, censées propulser le Tchad vers « l’émergence », sont un moyen astucieux pour engranger des milliards par les commissions et surfacturations. Les services financiers sont accaparés par le cercle familial du couple présidentiel. Des entreprises fictives se créent. On montre à la face du monde des chiffres fictifs des constructions des routes, écoles, etc. leur permettant ainsi de blanchir l’argent des contribuables.

Le Tchad est sur le papier un Etat démocratique. Une démocratie de facette, justement ! Dans la réalité, la machine administrative et militaire, sont des appendices du parti présidentiel. Les tchadiens sont ainsi prit en otage.

Comment sortir de l’impasse ?

En 2016, il y aura les élections présidentielles. L’opposition revendique un recensement biométrique, avec un quid électoral… Avec ou sans la biométrie, on connait déjà le résultat : Idriss Deby Itno réélu dès le premier tour !

A entendre parler les tchadiens dans les rues et dans les maquis, le seul espoir reste la jeunesse : un soulèvement populaire à l’exemple de la Tunisie, du Sénégal, du Burkina Faso… C’est justement à ce niveau que le problème se pose : la jeunesse tchadienne est prête à prendre son destin en main afin de changer la donne ?

Pour empêcher un soulèvement de masse, le régime manipule les différences communautaires, surtout la plus dangereuse : la religion.